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Presque soulagé…

Parce que fatigué des discours lénifiants et qualifiant trop souvent notre pays d’exception, j’ai retrouvé à la lecture de quelques données internationales une certaine « normalitude ». Bien sûr, notre économie nationale reste solidement assise dans le camp des bons élèves, mais nous n’y sommes pas les seuls…un constat contraire au narcissisme ambiant et érigé en dogme. Pensez, et dire,  qu’on peut mieux faire vous classe trop facilement au mieux chez les ignorants, au pire chez les interventionnistes dangereux et nostalgiques. Pensez donc, il n’y a qu’à regarder comment ça se passe chez nos voisins…

Alors que, selon les statistiques du Bureau International du Travail, uniformisant les variables plus ou moins manipulées des statistiques du chômage, le taux suisse se voit gratifié d’un point supplémentaire. Nous voilà à fin 2015 à 4.8 %, au lieu des 3.8 % officiels. Notons en passant que les vaudois, zélés comme il se doit,  avaient adoptés ce mode de comptage depuis belle lurette. Avec ce taux, nous sommes en bonnes compagnies, l’Allemagne par exemple et bientôt rejoints par les Etats-Unis, mais derrière la Norvège ou Singapour. Ajoutez ce point à la situation de certains cantons et vous pourrez aisément la comparer avec le taux de nombreuses régions européennes. Nous ne sommes pas une exception, nous ne sommes pas cet ilot qu’une sage gestion distingue, qui fait tout juste, seul et contre tous…

Un autre classement doit nous interpeler, alors qu’on nous fait régulièrement croire que nous caracolons en tête des nations innovantes ! Ce gargarisme chauvin vient d’en prendre un sacré coup …que nenni, nous sommes juste dans le rang. Un pays innovant, c’est celui qui stimule des entreprises, et des emplois,  dans les technologies innovantes, et pas seulement des brevets…or là, patatra, selon Bloomberg, la Suisse se place au 16ème rang mondial, bien après la Corée du Sud ou le Japon, mais aussi après l’Allemagne, les Etats-Unis ou…la France. Normal quoi, juste au même niveau que l’Autriche.

Or ces indicateurs ne sont pas anodins. Ils sont au cœur de nos stratégies de développement économique : l’emploi par l’innovation. Bien sûr, vous en trouverez d’autres, classant nos centres de formation ou le chômage de nos jeunes, de natures rassurantes. Pour ma part, je préfère la remise en question permanente…  « Si je doute, je suis ».

Douter, c’est donc  finalement ce qui me soulage, me rassure.  Je retrouve avec ces mises à niveau, non pas une « normalitude » complaisante, à défaut d’être arrogante, mais la saine ambition de pouvoir mieux faire. Même si ma contribution restera modeste. Et la conviction qu’il ne faut pas trop jouer avec nos conditions cadres.  C’est le rôle d’un FOROM que de permettre cette dialectique sans complaisance, sans œillères. Heureux donc de vous y retrouver, critiques, en septembre… ou sur ce blog d’ici là !


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