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La santé en entreprise, un avant et un après coronavirus ?

Beaucoup d’entreprises ont été durement touchées par la crise du coronavirus, crise sur laquelle nous n’avons pas encore tourné la page. On se trouve sans doute entre deux moments importants. On a d’un côté passé le gros de la crise sanitaire, la prudence reste toutefois de mise ; de l’autre côté, on est au début des défis économiques qui se posent pour nos PME.

Dans cet entre-deux, la gestion de la santé en entreprise revêt une importance plus grande encore. Elle nous donne les outils pour répondre aux défis qu’engendrent les incertitudes et craintes qui nous habitent.

Deux managers santé en entreprise partagent avec nous leurs regards. Gérald Degonda (GD), économiste, travaille depuis plus de 12 ans chez Helsana. Dr Carole Nielsen (CN), psychologue, a elle rejoint l’entreprise il y a 3 ans.

Rappelez-nous peut-être ce qu’est la santé en entreprise ?

GD : Dit brièvement, la gestion de la santé en entreprise regroupe l’ensemble de toutes les actions de l’entreprise ayant pour but de promouvoir la santé, le bien-être et la motivation des employés. Dans ce cadre, on peut imaginer de nombreuses mesures à mettre en place. Chez Helsana, nous avons par exemple constitué le programme Helsana Business Health (HBH). Il vise à optimiser les structures et processus internes en matière de santé. Notre rôle est de définir avec l’entreprise quels sont ses besoins principaux et de proposer ainsi des mesures adaptées.

Vous avez sans doute un contact privilégié avec vos clients. Comment ont-ils vécu cette crise ?

CN : Les contacts que nous pouvons avoir et de nombreux témoignages me font penser qu’après avoir passé la première phase de choc, les entreprises ont rapidement mis en place leurs propres stratégies. Elles ont su trouver rapidement un nouveau moyen de fonctionner. Paradoxalement, la distance a créé plus de discussions, de rencontres virtuelles qu’auparavant. Il y a eu une sorte de solidarité qui s’est créée. Cela vaut également pour les métiers où le télétravail n’était pas possible.

Et au niveau des réponses à apporter, quelles sont les priorités ?

GD : Le premier enjeu pour les entreprises en télétravail a évidemment été de mettre en place un système informatique performant, adapté à la situation et de fournir tous les outils nécessaires pour continuer les activités habituelles. Pour les personnes qui ont continué à travailler sur le terrain, la priorité aura été de revoir les plannings, mettre en place les mesures sanitaires, rassurer les équipes et gérer les craintes du personnel.

Justement, en tant qu’employeur comment faire face à ces craintes et cette incertitude ?

GD : Il est important dans ce genre de crise d’avoir une communication transparente et encore plus active qu’en temps normal. Il est impératif de formuler des attentes claires et rester à l’écoute des craintes du personnel. A mon avis, il ne faut pas hésiter non plus à montrer nos limites face à la situation, et à en appeler à la solidarité de toute l’équipe pour faire face à la crise. C’est dans ce genre de situation que la gestion de la santé en entreprise trouve tout son sens.

Et en tant qu’employé ?

CN : En tant qu’employé, il est indispensable de garder le lien avec ses collègues, avec son supérieur hiérarchique. De nombreuses entreprises ont mis en place des visioconférences régulières, mais aussi des pauses café virtuels, pour garder un lien informel avec ses collègues.

La crise n’est pas terminée, mais il faudra bien la surmonter. Qu’est-ce qui peut aider les entreprises ?

GD : Cela peut paraître évident, mais la solidarité bien sûr ! Tout le monde est dans le même bateau. Dans ce genre de crise, l’être humain a le choix entre subir la situation ou s’adapter et utiliser les moyens du bord. Avec des leaders positifs, qui montrent l’exemple et qui ont confiance en leurs équipes et en leur créativité, les entreprises ont toutes les chances de trouver des solutions pérennes.

CN : Helsana apporte ici tout son soutien à ses clients. Nous accompagnons nos clients sur le moyen et long-terme. En ce sens, nous avons pris l’initiative de les appeler pour les soutenir et leur proposer des outils pour les aider.

Quel a été l’accueil des clients quand vous les avez contactés ?

CN : Cette démarche a été très bien reçue, une personne s’est même étonnée que je ne la contacte pas plus tôt. Cela a en outre renforcé les liens avec nos clients.

Concrètement, quelle a été votre réponse en tant qu’assureur ?

GD : De manière générale, il a d’abord fallu répondre aux nombreux questionnements sur les remboursements en cas de coronavirus ou de mise en quarantaine notamment. Pour cela, Helsana a diffusé une feuille d’information pour clarifier la situation.

Ensuite, une hotline d’urgence gratuite a été mise en place pour les employés qui avaient trop de craintes par rapport au virus. Sur notre blog, de nombreux conseils ont été prodigués pour prendre soin de soi en période de télétravail prolongée.

Plus spécifiquement avec mes collègues d’HBH, nous avons créé un workshop digital donnant des outils aux managers pour diriger sainement à distance, une feuille de conseils pour le retour à une nouvelle normalité. Enfin, nous avons mis sur pied un workshop permettant aux managers de faire une rétrospective sur cette période : qu’est-ce qui s’est bien passé, qu’est-ce que nous aurions pu améliorer, que souhaitons-nous maintenir à l’avenir.

On imagine que ces mesures peuvent relativement facilement être mises en place au sein de grandes entreprises, mais cela vaut-il également pour les PME ?

GD : Bien sûr. Quelle que soit la taille de l’entreprise, il est possible de se réunir, de faire le point, d’échanger aussi sur ses émotions. Valoriser son équipe est également primordial, c’est un des besoins les plus importants de l’être humain. A la sortie de cette période de crise, il est encore plus essentiel de féliciter ses équipes pour leur implication, le travail accompli dans des conditions extrêmes et leur capacité d’adaptation.

A présent, que nous sommes dans une nouvelle phase de la crise, quelles sont les préoccupations des entreprises ?

CN : Pour les entreprises qui ont souffert de la crise, leur principale préoccupation est la survie. L’enjeu est de taille, puisqu’elles doivent jongler entre restructuration, parfois licenciements, relancer la production, tout en maintenant le personnel en bonne santé.

Pour les PME qui souhaitent aider leurs employés sans forcément mettre en place des formations importantes, elles pourront trouver sur notre site internet une boîte à outils avec des pistes intéressantes et également quelques astuces concrètes*.

Selon vous, qu’allons-nous retenir de cette crise ?

CN : Globalement comme nous avons pu le constater, je dirais l’incroyable capacité d’adaptation de l’être humain. On ressort donc renforcés et mieux armés en cas de nouvelle crise similaire.

GD : J’ajouterais que les dirigeants ont pu s’apercevoir que de nouvelles façons de travailler étaient possibles et plutôt efficaces. Le fait d’adapter les conditions de travail sera bénéfique tant pour le personnel que pour l’entreprise.

*https://www.helsana.ch/fr/entreprises/services/outils-pratiques/boite-a-outils.html


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